Le 30 avril 2022, la CCE a participé à Rotterdam (Pays-Bas) à une journée de sensibilisation sur   le développement de la RDC, intitulée : Comment faire pour développer la RDC ?

La CCE était représentée par Jeff LUSAMBA et Pat PATOMA. 

Monsieur LUSAMBA a d’abord décrit la situation économique souffreteuse du pays en faisant un bench mark avec d’autres pays d’Afrique et d’Asie , ensuite il a pointé la responsabilité de l’homme congolais drapé dans son insouciance et son inconscience et l’a décrit comme l’être humain le plus corrompu du monde, avant de proposer des pistes à même de sortir rapidement le pays de son sommeil et de le positionner dans les starting blocks des pays en voie d émergence :

  1. Reformater l’homme Congolais afin qu’il retrouve les vraies valeurs morales, le sens de l’honneur et la conscience patriotique. Deux vecteurs pour y  arriver : l’éducation et l’application de la tolérance zéro à travers une justice impitoyable et exemplaire.
  2. Avoir une vision claire des étapes qui conduisent au développement en déterminant les secteurs prioritaires : 
  • L’agriculture : le pays sera divisé en pépinières de production agricole en spécialisant chaque province dans les cultures vivrières appropriées.

L’autosuffisance doit être obtenue endéans 10 ans

  • L’industrie : le pays doit être capable de bâtir une industrie de transformation des produits agricoles et des ressources minières. Le diamant, le cuivre, le cobalt, le coltan seront transformés sur place. Pour cela, il y aura des centres de formation axés sur ces produits et sur leurs filières. 

L’exportation des produits bruts aura pour finalité de financer l’implantation des unités de production.

  • L’électricité : construction rapide de mini centrales hydroélectriques et photo-voltaiques dans toutes les provinces dans un délai de 3 ans.
  • L’eau potable : grâce à une politique volontariste de forage généralisé, décentralisé et de traitement des eaux, l’objectif de 80 % de la population, desservie dans les 3 ans, sera fixé.
  • La mobilité : La construction des routes d’intérêt national sera décentralisée au niveau des régions, chaque province se chargeant du tronçon sur son territoire à condition qu’il y ait un transfert des compétences et des finances entre l’Etat et les entités provinciales. Le même transfert sera dans opéré dans les villes pour confier la construction des routes aux communes.

Une politique d’optimisation des voies de communications sera mise en place (les cours d’eau, le fleuve et lacs). Les voies ferroviaires seront réhabilitées et complétées. Muanda Matadi, Kinshasa Ilebo en passant par le Bandundu, Mwene-Ditu – Mbuji Mayi……

  • La santé : La santé pour tous sera notre devise. Cela sera  possible grâce à une politique de santé cohérente, solidaire, soutenue par l’éclosion des mutuelles de santé. Les régions s’occuperont de la construction des infrastructures de santé avec le concours de l’Etat. Une politique de rémunération incitative sera mise en place pour attirer les médecins congolais et africains.
  • Le logement : Le gouvernement et les régions détermineront, chaque année, le nombre de logements à prix modéré à construire. Les matériaux de construction seront produits sur place grâce à un aménagement de territoire et une planification organisant l’interdépendance entre les provinces.

 Il faudra déterminer quelle région devra produire le ciment, le carrelage, les tuiles, les planches, la robinetterie, les briques, les portes et fenêtres, les barres de fer…..

  • L’éducation et la formation : Rien ne sera possible sans une politique réfléchie, cohérente et rationnelle en matière de formation. Celle-ci sera axée sur les besoins du pays et adaptée aux défis du futur. La république doit s’inspirer de meilleurs modèles mondiaux. Une meilleure rémunération des enseignants sera le gage de la qualité de l’enseignement et constituera un stimuli pour les meilleurs éléments de la république, y compris ceux disséminés à travers le monde  ( 3000 dollars pour un professeur d’université soit autant qu’un parlementaire, 1800 pour les professeurs du secondaire et 1500 pour ceux du primaire ). Par comparaison, un ministre touchera 3500 dollars et 5000 pour le premier ministre. Le resserrement des rémunérations diminuera le turn over et permettra la fidélisation de chacun à son poste. Les salaires des médecins et magistrats oscilleront autour des mêmes fourchettes 2500-3000 dollars.

 

Pour financer toutes ces infrastructures, une levée de fonds de 5 milliards de dollars est nécessaire. La RDC étant l’un des pays africains les moins endettés

 (le ratio dette/PIB est d’environ 15 % contre une moyenne africaine de 40%), cela ne sera pas trop difficile. Chaque province recevra une dotation de 100 millions de dollars qu’elle ventilera à son tour aux territoires pour une politique de relance simultanée. La combinaison emprunt productif – anticipations rationnelles sera le moteur d’une  croissance économique inclusive à deux chiffres, génératrice de millions d’emplois, comme le pays n’en a jamais connu.

Toutes les provinces sont dotées de ressources et richesses non encore exploitées, pour la plupart. Grâce à une politique de subsidiarité, la nation profitera de la quintessence de chaque entité.

Tout cela ne sera possible que si les dirigeants font montre de détermination et de volonté claire d’inverser les choses, de mettre fin au syndrome hollandais, de lutter farouchement contre la corruption, de placer l’homme qu’il faut à la place qu’il faut, de gouverner avec des critères de performance, d’évaluer périodiquement les autorités, de sanctionner sévèrement les incompétents et les réfractaires au changement, de récompenser les vertueux, de cultiver l’amour de la patrie et de veiller à l’unité nationale grâce à un sentiment de communauté de destin.

Jeff Kashama LUSAMBA