L’une des raisons pour lesquelles on ne décolle pas !
Pour faire simple, illustrons par une image. Imaginons un gros avion doté d’une puissance supersonique et qui s’apprête à prendre les airs…
Observons qu’en raison des privilèges et autres avantages auxquels ils ont droit, vu l’immensité de leurs tâches et les devoirs de leurs charges, le pilote, le copilote et ceux qui sont affectés à la cabine de pilotage, jouissent d’un traitement particulier…au-dessus de la norme et de la moyenne pratiquées dans tout l’avion… Logique. Ils ont quand-même la vie de tous les passagers entre leurs mains. Figurons-nous que, curieusement, aussi absurde que cela puisse paraître, ce traitement de faveur attire plutôt la convoitise, non seulement de quelques passagers qui n’ont aucune qualification pour le job, mais aussi des gens restés sur le tarmac qui, sans se soucier des normes élémentaires de sécurité, emplissent, en masse, la cabine de pilotage… Et pour, bien compliquer l’équation, ceux qui ont réussi à se frayer ainsi une place dans ladite cabine, remplissent le reste de l’avion des clandestins et autres fraudeurs qu’ils recrutent comme membres de l’équipage, au mépris des besoins techniques réels de l’avion et lors même que ces recrues n’ont ni compétence ni expertise et que les jobs auxquels ils sont affectés n’ont aucune utilité…
Convenez avec moi qu’un tel avion ne pourra jamais décoller…Et s’il le peut, par miracle, il va tout de suite piquer du nez et/ou…crasher.
Telle est la tragédie que vit la RDC. Notre cabine de pilotage – les institutions politiques – est inutilement et dangereusement surchargée : La présidence de la République, avec sa pléthore des conseillers, le gouvernement national – l’un des plus pléthoriques au monde -, l’assemblée nationale, le sénat, les assemblées provinciales et les gouvernements provinciaux…, des institutions budgétivores qui engloutiraient 80 % du revenu national. Simplement démentiel. Nos politiques nous ont fait croire que tel serait le prix de la stabilité politique…. Et que, par ailleurs, cette pagaille organisée participerait à la lutte contre le chômage qui sévit au pays…Décidément !
Et comme si cela ne suffisait pas, la fonction publique – c’est à dire les autres membres de l’équipage de l’avion – est truffée des fictifs et des imposteurs… Pareil pour l’armée et la police et, généralement, pour tous les services qui relèvent de l’Etat. L’Etat prendrait ainsi en charge une kyrielle des clandestins et des fonctionnaires sans qualifications ni utilité……. Il suffit qu’un oncle ou un chef de parti, à coup d’une démarche clientéliste et opportuniste, parvienne à se hisser dans la cabine de pilotage, pour glisser ses neveux et autres partisans sur la liste des membres de l’équipage. Voilà comment les effectifs de la fonction publique, de l’armée et de la police, ont explosé… Des gens qui n’ont de fonctionnaire que le numéro matricule, obtenu sur la base du clientélisme décrit ci-haut. La plupart n’ont même pas des bureaux… Et ce sont, généralement, ceux-là qui font trop de bruits. Sans compter les fictifs et fantômes qui gonflent les chiffres…
Piloter un tel avion est simplement impossible. Il ne décollera jamais. Au meilleur des cas, il piquera du nez quelques secondes après le décollage. Sinon, il explosera en plein vol. Voilà pourquoi, depuis le 30 juin 1960, date à laquelle les congolais ont pris les commandes de l’avion RDC, celui-ci n’arrive même pas à faire le taxi…
Que faire alors ?
Il faut prendre le courage, voire le risque de tout arrêter. Faire descendre tout le monde et reconfigurer l’avion. Il s’agit de tout remettre à plat. De faire un audit non complaisant de l’Etat et de ses organes. Alléger sensiblement la cabine de pilotage. N’y introduire qu’un personnel strictement nécessaire et doté d’une qualification avérée.
Pareil pour les membres de l’équipage. Recenser et évaluer les fonctions Etatiques strictement nécessaires… Supprimer toute fonction ou tout poste qui n’impacte pas directement la vie des citoyens…Construire la nation, créer les richesses et la croissance ne peuvent relever de la fonction publique… Il faut laisser la gestion de l’Etat à une poignée d’experts et créer les conditions pour l’émergence de l’initiative privée qui amènerait ainsi les citoyens à ne plus envier la cabine de pilotage….
Sinon, chers amis, dans les prochaines soixante années, nous en serons toujours-là… Ou pire, notre avion va simplement exploser… Croyez-moi !