La fin d’un cycle ?
La parenthèse « AFDL » est-elle en train de se refermer ? Plaise au ciel qu’il en soit le cas. Ouverte il y a plus de 23 ans, elle aura couté cher à la nation. Très cher. Des guerres à n’en point finir ; des tueries, viols, pillages des ressources naturelles à répétition, détournements des deniers publics, enrichissements illicites…. Les 2.345.000 Km2 qui constituent ce qui est convenu d’appeler « République Démocratique du Congo », étaient juste devenus un espace géographique voué à la prédation et au règne de « Werrason », c’est-à-dire à la loi de la jungle… C’est que les « conquistadors », venus, un après-midi de mai 1997, équipés de bottes en caoutchouc et de quelques kalachnikovs en bandoulières, ont, le plus naturellement du monde, considéré l’espace géographique dont ils venaient, presque sans coup férir, de prendre le contrôle, comme plutôt un « butin de guerre ». Leur « butin de guerre ». Incessible et intransmissible. Sauf pour cause de mort (rappelez-vous de la théorie d’une balle dans la tête développée par Shina-Rambo en personne). Tout le semblant d’organisation du pouvoir politique et de l’Etat mis en place, depuis, était fondée sur ce postulat implacable. Les « élections » n’étaient guère qu’une formalité pour…sauver les apparences. Voilà comment SHIKATA, en dépit de son déficit criant d’ancrage dans le peuple, « remportait » toujours les scrutins. Il aurait même battu, comble d’imposture, le sphinx en 2011… Et préta serment dans un camp militaire… Tout un symbole ! L’évènement rappelait à ceux qui, par inadvertance, l’avaient déjà perdu de vue, qu’il s’agissait d’un « Butin de guerre » qui ne pouvait, parallélisme des formes oblige, être cédé que par la… « force ». L’équation n’a jamais été aussi claire !
Seulement voilà ! Toute série ayant une fin, SHIKATA était bien, la peine dans l’âme, obligé de lâcher un peu du lest. Les règles du jeu qu’il avait, bien malgré-lui, acceptées après moult pressions, l’obligeaient à s’effacer un jour. Et ce jour arriva un matin de décembre 2016. Terminus, monsieur, c’est par là la sortie !!! L’homme qui, malgré les évidences (oh que le temps passe vite), n’entendait pas lâcher le « butin » conquis de « haute lutte » résista encore un peu et grignota deux années supplémentaires. Il finit par trouver une parade : Confier momentanément le « butin » à un homme de confiance. Un « dauphin ». En qualité de « détenteur précaire » qui le lui rendra une fois l’orage passé. La formule ne fonctionna pas. SHADARY à qui était assigné ce rôle ne fit pas le poids dans un marigot politique dominé par les opposants. SHIKATA se résigna alors et se rabattit sur le reste des institutions publiques. Il s’empara de TOUTES les autres institutions (nationales et provinciales) et fit nommer ses courtisans à leurs têtes. Histoire de garder le contrôle de la situation. Aucune initiative impliquant l’Etat n’était censée, grâce à ce stratagème, lui échapper. KINGAKATI devint alors le vrai centre d’impulsion du pouvoir d’Etat. S’y agglutinaient, comme des bêtes de somme, des officiels de l’Etat, en ce compris le premier ministre et les présidents de l’assemblée nationale et du Sénat, censées être pourtant des plus hautes personnalités de la République. Des images surréalistes et insoutenables montrant ces pères des familles, prétendument intellectuels, alignés comme des écoliers dans la ferme privée de SHIKATA pour y discuter des affaires de l’Etat, ont fait le tour du monde. Même Léopold II, propriétaire incontesté du territoire de l’actuelle République Démocratique du Congo pendant 22 ans, n’avait autant « chosifié » et « instrumentalisé » son personnel politique. Ahurissant tout simplement. Il n’existe aucun exemple disponible dans l’histoire où un « ancien chef de l’Etat » est resté aussi actif après son départ du pouvoir. Le cas de SHIKATA est inédit. Unique. Le mec tient à son butin, comme à la prunelle de ses yeux.
Le grand mérite de FATSHI, s’il en est, c’est d’être en train de réussir, sans effusion de sang et surtout avec les forces même de l’imposteur, de lui arracher ce « butin de guerre » et de le restituer à ses véritables propriétaires… Mais aussi d’affranchir, par la même occurrence, les caciques du FCC, ces malheureuses victimes consentantes, de cette tutelle maléfique.
La nation doit lui en savoir gré…

Me Rémy KASHAMA.