Pour marquer, de son empreinte, les 100 premiers jours de son mandat, le président de la république, Félix Tshisekedi, a décidé la construction des viaducs (sauts de mouton) en vue de décongestionner la circulation sur les grandes artères de kinshasa. Trois sauts de mouton sur le boulevard Lumumba (Tshangu), deux sur le boulevard du 30 juin (Mandela et Socimat), un sur le boulevard de la libération (RTNC), un à Kinsuka (Pompage), soit un total de 8 sauts de mouton.

Beaucoup d’observateurs ont stigmatisé cette décision, considérant que c’était irrationnel de lancer ces infrastructures alors que le bon sens commandait de commencer par  la priorité des priorités, l’agriculture, bénéfique pour toute la population. S’il est vrai que ce raisonnement est juste, dans quelle mesure fait il fi des externalités positives inhérentes à toute décision économique ?

En économie, tout acte posé entraîne une cascade des conséquences incommensurables et insoupçonnées. Qu’en est-il des sauts de mouton ?

Quels sont les secteurs qui ont bénéficié de leur érection ?

  1. Les entreprises des travaux publics qui ont été choisies ont pu procurer du travail à leurs employés, faire appel à des intérimaires, payer des taxes et impôts
  2. Les entreprises qui fabriquent ou vendent du ciment ont fait florès  et paieront également des taxes et des impôts
  3. Les firmes qui vendent du goudron, de la colle, de la ferraille ont augmenté leurs chiffres d’affaires et paieront des taxes et des impôts
  4. Les stations de carburants qui approvisionneront les véhicules et engins ont profité de l’effet d’aubaine et verseront des taxes et impôts
  5. Les entreprises qui louent des engins et des camions qui verseront des taxes et impôts
  6. Les salariés qui toucheront des revenus qu’ils utiliseront pour acheter des produits alimentaires, des biens d’équipement, des vêtements, des repas au restaurant, des consommations dans les cafés, bars et discothèques…..des frais de scolarité pour leurs enfants.
  7. L’Etat qui encaissera des taxes, impôts et frais de douane à l’importation…

Comme nous l’avons constaté, l’argent mobilisé, pour les sauts de mouton, a contribué à la croissance économique, par un effet multiplicateur dont l’Etat est le premier bénéficiaire.

En réalité, le développement économique est un phénomène holistique qui exige vision, volonté, compétence, cohérence et concomitance.

On peut commencer par l’agriculture mais il faudra que les consommateurs aient un travail, des revenus pour acheter, aux paysans, leur production.

A chacun de tirer sa conclusion : alors saut de mouton or not saut de mouton ?

Jeff Kashama LUSAMBA