Aujourd’hui, le monde entier doit faire face à un choc imprévisible, irrésistible et exogène qui a bouleversé le fonctionnement normal des économies mondiales.

Face à ce choc, les pays, dit « riches », se sont organisés et soutiennent l’activité économique par un recours immodéré à l’endettement : déficit budgétaire (3000 milliards de dollars pour les USA,  140 milliards pour la France, 100 milliards pour l’Italie…)  et recours aux marchés financiers.

Tous les pays développés ou émergents portent à bout des bras leurs économies en accordant des aides financières aux acteurs économiques (Ménages et entreprises) pour soutenir la production et la consommation. L’union européenne va emprunter 1000 milliards de dollars pour les reverser aux pays membres en difficulté.

Quid des pays africains ?

Aucune démarche, similaire à celle de l’union européenne, de la part de l’union africaine. Les partenaires traditionnels ont fait un geste en différant le remboursement des intérêts d’emprunt et en apportant des appuis budgétaires de quelques centaines de millions de dollars. Mais surtout, ces institutions continuent à exiger l’équilibre budgétaire par la compression de dépenses publiques. Or, c’est exactement le contraire qui se déroule dans les pays  industrialisés qui, comme décrit supra, ont mis en place des politiques conjoncturelles keynésiennes.

Que peut faire la R.D.C ?

  1. Selon le principe de subsidiarité, mettre en place une décentralisation financière au profit des entités territoriales (provinces, communes) pour multiplier les centres d’ordonnancement de dépenses publiques et stimuler des investissements locaux. Pour cela, il faudra affecter certaines taxes aux ETD qui devront faire une retenue à la source. Les collectivités les moins riches pourront bénéficier de l’appui de la caisse de péréquation.
  2. Procéder à un grand emprunt d’au moins 5 milliards de dollars pour amorcer une politique de relance holistique et concomitante dans toutes les régions (100 millions à chaque province). Cela pourrait se faire en sollicitant la garantie des partenaires bilatéraux ( Singapour, Chine, Malaisie, Suisse, Emirats arabes unis….) ou multilatéraux. Les taux d’intérêt étant proches de zéro, si nous avons un garant, des institutions financières n’hésiteront pas à nous ouvrir les vannes pour 5 milliards de dollars. Les effets multiplicateurs des investissements à réaliser créeront une croissance économique exponentielle et durable qui permettra à la RDC de rembourser en 10 ou 20 ans cet emprunt. Mais pour cela, il est judicieux d’élaborer un programme de développement détaillé et chiffré, de prévoir des modalités de contrôle et d’évaluation périodique, de privilégier l’intégrité et la compétence.